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Rubrique Lettres nationales et académiques

Lettre de rentrée 2016 de l’IA-IPR

Le 12 septembre 2016 - Maxime Bourgeaux

Chères et chers collègues,

Je vous souhaite une excellente rentrée. Bien évidemment, celle-ci est marquée par la mise en œuvre de la réforme du collège et des nouveaux programmes disciplinaires. Les manuels d’accompagnement de ces derniers sont aujourd’hui sur Eduscol.
L’enseignement des arts plastiques est à envisager dans le contexte de la réforme dans sa globalité. Son approche ne change pas radicalement pour autant et son ambition reste bien de mettre l’art au cœur du processus d’apprentissage. Pour ce faire, notre discipline se réfère à une didactique qui nous est connue et qui garantit son intégrité. L’enseignement des arts plastiques, par ailleurs, a toujours participé de l’interdisciplinarité, la transdisciplinarité, l’évaluation formative, la pédagogie différenciée, le travail en groupe, l’idée de « parcours artistique et culturel ».
La séquence demeure notre unité d’enseignement structurante ; elle met en interaction : questions fondamentales issues des nouveaux programmes des cycles 3 et 4, notions, champs de pratique, domaines du socle, culture artistique, à partir de propositions ouvertes, d’une pratique exploratoire et réflexive, ce depuis une simplicité d’approche, un langage clair, des objectifs précis.

Divers points marquent toutefois des évolutions par rapport aux précédents programmes :

- Les cycles forment le « parcours de formation » de l’élève. Ils sont pensés à l’intérieur de chacun d’entre eux selon le principe de progressivité où toutes les questions du programme sont abordées chaque année. Dans un cursus dit « récurrent », un savoir est abordé à différents moments, il est approfondi à chaque fois de manière distincte. A chaque étape, à partir de situations adaptées au niveau des élèves, il y a un obstacle nouveau à franchir (degré de complexité). Redisons que dans un enseignement privilégiant la notion de « tâche complexe », l’élève doit pouvoir retrouver des données qui lui sont connues afin de mobiliser ses savoirs, ses acquis, ses compétences. L’inédit, en ce sens, n’est pas l’inconnu.
- La notion de projet est accrue au cycle 4 ; la « démarche de projet » se distingue cependant du « projet de l’élève ».Il s’agit surtout ici de donner encore davantage de sens aux apprentissages, de s’aviser de la transférabilité des acquis. La démarche de projet suppose un élève actif, à qui on doit pouvoir laisser davantage d’initiatives.
- Le travail collectif est à privilégier ; dans notre discipline comme dans les autres, la réforme met l’accent sur cette pratique sociale. Il n’est pas concevable, au collège, de « pratiquer » uniquement pour soi, hors échange. La conception, la mise en œuvre, par les élèves, d’expositions, de projets communs, favoriseront cette dynamique.
- L’évaluation formative (compétences), articulée aux domaines du socle, est affirmée. Nous n’instruisons pas, au collège, une élite ; il est donc capital que tous les élèves puissent avancer de concert au sein de la classe. Mais il n’y a pas d’évaluation sans remédiation.
- La question du numérique est actualisée, ce dans une intention artistique. Il y a aujourd’hui une « histoire » de ce médium dont on peut présenter quelques jalons. Le numérique est un matériau qui se manipule, comme les autres ; l’interaction « numérique » / « arts plastiques » / histoire des formes, peut être approfondie : écrans, installations, performance, métissage avec des médiums plus traditionnels, etc.
- La culture artistique qui vise à la construction d’une culture commune (et mondiale) est liée à la pratique ; c’est ainsi que l’on peut envisager l’acquisition des savoirs. Par le dialogue, également, avec les autres grands domaines artistiques que sont le cinéma, l’architecture, le design, le graphisme. La rencontre avec l’œuvre se prépare et demande à être active : plaisir, émotion, analyse, commentaire.
Comme les autres disciplines, les arts plastiques vont pleinement s’inscrire dans les « parcours éducatifs », les E.P.I, l’A.P, l’histoire des arts ; autant de formes pédagogiques pluri et interdisciplinaires enthousiasmantes. Le danger viendrait néanmoins d’un « éparpillement des forces » et de sollicitations trop nombreuses et floues. Il est nécessaire de croiser ces actions de telle manière à les rendre efficientes.
La réforme du collège, les nouveaux programmes d’enseignement, renforcent la liberté pédagogique ainsi que la responsabilité de l’enseignant. En ce qui concerne notre discipline, nous devons pouvoir nous saisir de ce tournant pour innover nos pratiques afin de soutenir et gratifier davantage encore la créativité de l’élève.
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Le plan de formation 2016-2017 s’inscrit en deux temps : celui dit de la « réforme 2 » puis celui « traditionnel » (réservé, cette année, aux TICE). D’ici les vacances de Noël, cinq modules nous aideront à approfondir certains aspects des nouveaux programmes. Les inscriptions sont assez nombreuses et je tiens, ici, à remercier vivement les formateurs qui animeront ces formations. Nous allons construire ensemble ces nouvelles modalités pédagogiques et didactiques.
Je salue et félicite nos nouveaux collègues stagiaires (6), lauréat des concours de recrutement et tiens, là encore, à exprimer toute ma gratitude à leurs tutrices et tuteurs ainsi qu’à Nicolas Bouillard, Formateur Académique.
Cette lettre de rentrée est axée bien sûr sur la réforme du collège ; son format est contraint. L’enseignement de lycée est totalement articulé à celui du collège et nombre d’aspects pédagogiques et didactiques évoqués ci-dessus s’appliquent au lycée.
Chères et chers collègues, je me tiens à votre écoute et réitère mes vœux d’excellente rentrée.

Bruno DURAND, IA-IPR arts plastiques